Il y a dix ans, M.Merah, après avoir tué trois soldats coupables selon lui de servir dans l’armée française contre les musulmans, assassinait un professeur et trois enfants de l’école Ozar Hatorah de Toulouse. Il leur reprochait d’être juif/ves. Le plus jeune avait trois ans. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale en France, on tuait des enfants parce qu’ils étaient juifs.

Or, en 2012, le caractère antisémite de cet événement fut trop peu mis en avant, à côté de considérations générales sur le terrorisme ou sur l’attitude de la police. Il y eut peu de réactions, sauf à Toulouse. Infiniment moins, en tout cas, qu’en 1980 pour l’attaque de la synagogue de Copernic ou en 1990 pour la profanation du cimetière de Carpentras. Signe que l’antisémitisme, revenu en force depuis le début du siècle, n’était pas assez pris en considération, y compris à gauche.

Depuis, d’autres crimes antisémites (Hyper Cacher en 2015 ; Sarah Halimi en 2017 ; Mireille Knoll en 2018) ont montré la vivacité de la haine antijuive. L’été dernier, lors des manifestations contre le passe sanitaire, des pancartes antisémites ont fleuri, sans que la plupart des manifestant.es s’en inquiètent.

C’est pourquoi ENSEMBLE !, comme d’autres organisations de gauche, a appelé à manifester avec le RAAR (Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes) le 13 mars, 10 ans après Toulouse. Pour dire non à l’antisémitisme d’où qu’il vienne, comme nous disons non à tous les racismes.